Témoin actif et acteur du paysage politique national de ces deux dernières décennies, le Bloc démocratique populaire (BDP), n’a pas dérogé à la règle durant la période de transition, en prenant une part active aux différentes grandes étapes qui ont constitué la transition politique née des évènements du 30 août 2023.
La rentrée politique effectuée, le 20 février 2026, a été l’occasion pour le président du BDP, Paskhal Nkoulou de situer officiellement la position de son parti, alors que le paysage politique se redessine. En dressant un diagnostic sans équivoque, il a affirmé que « les lignes ont bougé et continuent de bouger » et qu’« une nouvelle aurore se lève ».
Il en prend pour preuve, « le réaménagement institutionnel, l’éclosion d’un nouveau paysage politique et d’une nouvelle dynamique citoyenne, signes que le processus de restauration de la république est engagé et son cours est irréversible ».
Toutefois, le BDP a invité Brice Clotaire Oligui Nguema à tirer les leçons des limites de l’action de son prédecesseur, en observant des corrections démocratiques indispensables. Ces deux combats de base auxquels l’actuel président doit se livrer sont de « donner au Gabon une âme et réorienter l’engagement politique dans le sens de la mission collective. »
Tester la vitalité de la nouvelle gouvernance
En abordant la problématique liée à la forte demande sociale à laquelle fait face le gouvernement Oligui Nguema, fraichement portée aux mannettes de la Ve République, Paskhal Nkoulou a signifié cette situation est la conséquence irréfutable de plusieurs décennies de privation, et d’exclusion.
Tout en reconnaissant l’esprit d’ouverture dont fait montre, le chef de l’Etat, en échangaent directement avec les agents de l’Etat qui le sollicitent, le président du BDP, a exhorté le gouvernement à faire preuve de cohérence et de méthode, en sortant du chaos, de l’informelle pour céder la place à une organisation aux responsabilités assumées.
« Nul ne peut aujourd’hui dénier le fait que la confiance et la patience consenties que les décisions arrêtées sous et par les précédents régimes, n’ont donné que des promesses creuses et le temps s’est écoulé et rien n’a changé », a-t-il signifié.
Autres sujets abordés, la mesure prise par la HAC de suspendre provisoirement les réseaux sociaux, à laquelle le BDP a exprimé son soutien.
« La Haute Autorité de la Communication procède d’une diligence pour interpeller l’opinion nationale sur les dangers liés à un mauvais usage des réseaux sociaux », a soutenu Paskha Nkoulou, qui a, par ailleurs, invité les autorités à renforcer les politiques de contrôles sur la cybercriminalité afin que la mesure soit rapidement levée.
Posture et perspectives du BDP
Le président du PDB a, par ailleurs saisi l’occasion de cette première sortie officielle post-transition pour préciser le positionnemment de son parti politqiue.
En dépit d’une absence notoire au cours des toutes premières batailles électorales de la Ve République, le BDP compte bien rester présent dans un environnement qui impose en lui-même des réformes évidentes
« Le BDP va devoir assumer sa posture dans le champ politique », a-t-il déclaré, précisant leur volonté d’établir des passerelles et d’entretenir des relations transversales avec les différentes forces citoyennes pour renforcer la démocratie et l’état de droit, sur la base d’une thématique centrale pour cette année : « Il n’y a pas que la politique, il y a aussi la nation ».
Soutien assumé du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, ce parti entend toutefois rester critique et alerte sur les options de politiques publiques, à travers des échanges citoyens pour que les populations soient les défenseurs de la nation et de l’état
Lisa Biveghe