Réseaux sociaux : Bénédicte Ngui invite à une maîtrise stratégique de leur impact

Depuis la suspension des réseaux sociaux au Gabon, le débat se poursuit sur leur contribution réelle dans le budget de l’Etat, notamment du fait des plaintes des créateurs de contenus qui en ont fait un véritable gagne pain. La politologue Bénédicte Ngui invite les pouvoirs publics à une réflexion pour parvenir à faire des réseaux sociaux un levier puissant de croissance.

C’est sur sa page Facebook, que Bénédicte Ngui a formulé son apport au débat sur les avantages économiques dont bénéficie l’économie gabonaise du fait de l’usage de Titok, Whatsapp ou Facebook.

La politologue estime, de ce fait que dire que le Gabon ne gagne rien avec ces plate-formes n’est pas une exagération, mais un constat structurel. Elle affirme, par ailleurs que si ces plateformes captent une grande partie de la valeur créée (données, publicité, attention), il n y a aucune contribution significative à la fiscalité nationale. Une activité informelle qui a pour conséquence immédiate une participation limitée èau budget de l’État, contrairement aux entreprises locales.

Une réflexion qui ne se limite pas au plan économique. En effet, Bénédicte Ngui aborde également le plan sociétal et reconnait que l’influence des réseaux sociaux sur les mœurs. Celle-ci se caractérise par « une diffusion accélérée de contenus parfois contraires aux valeurs locales, désinformation, mimétisme culturel, et affaiblissement de certains repères sociaux. »

« Toutefois, ce diagnostic ne doit pas conduire au rejet, mais à la régulationé », poursuit-elle, en proposant la nécessité d’un encadrement structuré visant la fiscalité du numérique, la promotion des contenus locaux, le soutien à l’économie digitale pour faire de ces plateformes un levier puissant de croissance, d’innovation et de rayonnement pour le Gabon.

Au finish, «  le problème n’est pas l’existence de ces réseaux, mais l’absence de maîtrise stratégique de leur impact. »

Lisa Biveghe