Gabon/Justice : pour un meilleur contrôle du recouvrement des avoirs criminels

Les acteurs de la chaîne pénale, financière et sécuritaire étaient réunis les 3 et 4 avril 2026, dans le cadre de la deuxième Conférence des parquetiers du ressort de la Cour d’appel judiciaire de Libreville. La rencontre placée sous le parrainage du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane, a permis de poser le débat sur « le recouvrement des avoirs criminels ».

L’initiative du Parquet général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, soutenue par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Ambassade de France s’inscrivait dans l’ambition des autorités de consolider l’efficacité de la réponse pénale patrimoniale et de renforcer les dispositifs de lutte contre la criminalité économique et financière.

Une réflexion qui s’est imposée au lendemain du procès dit de la ‘’Young team’’ de novembre 2025. Procès historique qui a révélé les limites de l’action pénale, alors que les mis en cause ont bien été reconnus coupable de détournement de fonds publics, blachiment de capitaux, corruption active et association de malfaiteurs.

Le défi de la Cour d’appel judiciaire de Libreville, à travers cette deuxième conférence des parquetiers de son ressort axée sur « le recouvrement des avoirs criminels », est de parvenir à une sanction pénale qui ne se limite plus au seul justiciable, mais atteint le produit du crime.

 « Le recouvrement des avoirs criminels s’impose aujourd’hui comme une exigence cardinale de l’action du ministère public. Il ne suffit plus de poursuivre, ni de requérir la condamnation. Mais, il nous appartient désormais de conduire l’action pénale jusqu’à son aboutissement en identifitant, en traçant, en saisissant et en confisquant les produits, instrument du crime afin que le crime ne paye plus », a déclaré le procureur général près la Cour d’appel de Libreville, Eddy Minang.

                         Lutter contre la corruption et moraliser la vie publique

Un objectif en droite ligne avec la vision du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema de consolider l’Etat de droit, lutter contre la corruption et moraliser la vie publique.

Parrain de cette grande messe des parquetiers, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane a encouragé les formateurs à élever le niveau des échanges et doter les magistrats d’outils opérationnels adaptés aux défis contemporains.

Il s’agira, en clair de renforcer la maitrise des mécanismes de détection, de gel, de saisie et de confiscation des avoirs criminels ; harmoniser les pratiques entre les parquets ; consolider la coopération nationale et internationale en matière de recouvrement des avoirs ; contribuer à l’amélioration de l’efficacité du dispositif national au service de la justice et des concitoyens.

Enfin, le membre du gouvernement a formé le vœu que d’autres juridictions du pays puissent bénéficier d’un tel accompagnement afin de renforcer de façon homogène, les capacités de tous les acteurs de l’appareil judiciaire.

E.D.A.