Le protocole d’Alibandeng aurait dû sonner la fin de la récréation. Mais au lieu d'un soulagement général, l'opinion assiste à un étrange ballet : celui de la multiplication des médiateurs. Si l’on peut se réjouir des « éclaircies » annoncées par le Vice-président du gouvernement, l'irruption soudaine du Président de l'Assemblée nationale au chevet d’une crise gérée par une Ministre issue du PDG interroge. La médiation est-elle devenue le bouclier ultime pour préserver les restes d'une hégémonie bousculée ?
L'Union Nationale : La « Compétence Utile » qui dérange
Dans ce jeu d'échecs, l'Union Nationale (UN) a indéniablement pris l'avantage de la sincérité. En envoyant Jean Gaspard NTOUTOUME AYI au front, l'UN a fait la démonstration de sa pertinence. Pour ce parti, le soutien au Président de la République s'exprime dans la capacité à dénouer des crises là où l'appareil d'État — encore largement teinté des méthodes du PDG — s'encombre de ses propres lourdeurs. Jean Gaspard a incarné cette figure de l'allié capable de parler aux syndicats sans le passif de mépris qui colle à l'ancienne gestion.
L'UDB et le PDG : Le réflexe de survie du « bloc conservateur »
Le contraste est frappant avec l'Union des Bâtisseurs (UDB). Composée essentiellement d'anciens cadres du PDG, l'UDB a conservé l'ADN de son ancienne maison-mère : une opposition viscérale, presque génétique, à l'Union Nationale.
Tant que la Ministre de l'Éducation (PDG) s'enlisait seule dans ses « rendez-vous manqués », l'UDB observait de loin. Mais dès que Jean Gaspard NTOUTPUME AYI (UN) a posé le pied sur le terrain pour faciliter le dialogue, le signal d'alerte a retenti. Le déploiement du Président de l'Assemblée nationale (UDB) n'est pas une démarche philanthropique, c'est un renfort politique. L'UDB vient protéger le flanc d'un PDG en difficulté pour empêcher l'UN de devenir l'interlocuteur privilégié du Chef de l'État.
Le "Report de la Honte" : Quand le sauvetage tourne au fiasco
Cependant, la manœuvre de l'UDB vient de se briser sur l'autel de l'amateurisme. Le communiqué annonçant l'ajournement de la réunion d'échanges avec les syndicats, à quelques heures seulement de la reprise des cours, est un aveu d'impuissance.
En invoquant un « empêchement de dernière minute », le Président de l'Assemblée nationale (UDB) prouve que son intervention était davantage un mimétisme réactif qu'une priorité nationale. Ce report décrédibilise l'axe UDB-PDG : on ne reporte pas l'avenir d'une génération pour un problème d'agenda. Ce désistement laisse le champ libre à l'Union Nationale, dont la constance souligne désormais, par contraste, la fébrilité de ceux qui tentent désespérément de préserver leur place à la «Table du Roi».
La leçon de la crise : La fin du monopole des "amis
Si les cours reprennent ce lundi, le Chef de l'État devra tirer les conclusions de cette séquence. D'un côté, un allié (l'UN) qui propose une médiation de facilitation agile. De l'autre, un axe UDB-PDG qui semble plus préoccupé par le marquage à la culotte de ses rivaux historiques que par la résolution concrète des problèmes.
L'adage se confirme : «Tous les amis du Roi ne sont pas à la Cour». Mais certains amis semblent plus occupés à chasser les autres qu'à servir réellement. En voulant sauver le soldat PDG, l'UDB a non seulement échoué à bâtir une solution, mais elle a confirmé qu'elle restait prisonnière d'un héritage politique où le confort du "Père" passe avant le sacrifice pour le "Fils".
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